Intégrer une collaboratrice sourde dans une équipe 100 % entendante n’était pas un simple défi RH, c’était un pari humain. Et c’est ce pari qu’à choisir de faire cette entreprise en recrutant une salariée porteuse d’une RQTH.
Avant son arrivée, l’équipe et la nouvelle recrue ont été réunies afin d’anticiper l’organisation, mais surtout de libérer la parole. Toutes les questions, même les plus “taboues” ont été posées pour faire tomber les appréhensions et transformer les peurs en solutions concrètes. L’objectif : « mettre les pieds dans le plat ! ».
Ensemble ils ont imaginé leurs propres codes et leurs propres solutions de communication. La peur de l’inconnu a muté en une envie sincère de travailler ensemble.
Une semaine après son arrivée, la magie a opéré de façon inattendue :
Cette nouvelle collègue avait instauré des initiations à la Langue des Signes Française (LSF) sur leur temps de pause. D’abord à son équipe proche, puis, par un effet de curiosité joyeuse, à l’ensemble des services.
Ce recrutement, pensé comme une intégration, est devenu une vraie rencontre, un apprentissage partagé, et une transformation durable des pratiques. L’équipe en est ressortie encore plus soudée tout en apprenant une nouvelle langue.
Pendant la SEEPH (Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées), une entreprise a décidé de transformer la sensibilisation au handicap en une expérience collective et concrète.
Tous les collaborateurs ont reçu un podomètre et ont été invités à marcher ou courir tout au long de la semaine. Pas de contrainte, pas de performance : juste l’envie de participer ensemble à un même défi solidaire.
À la fin de la semaine, les kilomètres parcourus ont été convertis en dons intégralement reversés à Handicap International pour soutenir un projet d’aide aux enfants handicapés en Éthiopie.
Au-delà des chiffres, c’est surtout une dynamique collective qui s’est créée : de équipes mobilisées, engagées autour d’un sujet commun, et une prise de conscience vécue de manière simple, concrète et fédératrice.
Résultat : près de 11 000 km parcourus et plus de 19 000 € collectés ! mais surtout une aventure humaine autour du sujet du handicap qui a marqué durablement les collaborateurs.
Un collaborateur m’a un jour partagé une difficulté très opérationnelle : chaque année, l’archivage de son service s’accumulait jusqu’à devenir une charge lourde, chronophage et peu motivante. Il n’avait ni le temps ni l’énergie de traiter régulièrement, ce qui finissait toujours par mobiliser plusieurs jours de travail sans réelle valeur ajoutée pour son activité.
De ce constat est née une idée simple : ne plus subir cette contrainte, mais la transformer en opportunité.
Nous avons fait appel à un travailleur d’ESAT (établissements et services d’accompagnement par le travail) pour une première mission de tri et de classement global, permettant de repartir sur des bases saines.
Puis, plutôt que de laisser la situation se reproduire, nous avons mis en place des interventions régulières tout au long de l’année pour maintenir les archives à jour.
Très vite, la collaboration a dépassé le cadre initial et d’autres besoins sont apparus : classement, tri, mise sous pli… Et naturellement, le recours à des travailleurs d’ESAT s’est étendu à d’autres services de l’entreprise.
Au-delà de la réorganisation efficace des tâches, c’est surtout une nouvelle dynamique qui s’est installée : celle d’une inclusion concrète, où un travailleur d’ESAT est désormais pleinement intégré de manière ponctuelle mais régulière dans la vie de l’équipe.